Guide propriétaires
Fiscalité Airbnb : comment sont imposés vos revenus de location courte durée
Les loyers d'un meublé de tourisme sont des bénéfices industriels et commerciaux, pas des revenus fonciers. Deux régimes possibles, des abattements divisés par deux depuis la loi Le Meur, et une règle simple : dès qu'une conciergerie prend 20 % de vos revenus, le régime réel mérite un calcul. Ce guide pose les seuils 2026 et les cas où chaque régime gagne.
Vos loyers sont des BIC, et deux régimes s’offrent à vous
Louer un logement meublé, en courte durée ou à l’année, est une activité commerciale au sens fiscal. Les recettes sont imposées dans la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux, avec deux façons de calculer le bénéfice :
- le micro-BIC, où l’administration retire un abattement forfaitaire aux recettes et impose le reste ;
- le régime réel, où vous retirez vos charges effectives et l’amortissement du bien, et êtes imposé sur ce qui reste.
Dans les deux cas, le bénéfice s’ajoute à vos autres revenus, imposé à votre tranche marginale, plus 17,2 % de prélèvements sociaux.
Le micro-BIC : simple, mais rarement le moins cher
Le micro-BIC ne demande aucune comptabilité. Vous déclarez le montant brut de vos recettes, l’administration applique l’abattement et vous êtes imposé sur le reste, avec un minimum d’abattement de 305 €. Les seuils 2026 :
| Type de location | Plafond de recettes | Abattement |
|---|---|---|
| Meublé de tourisme non classé | 15 000 € | 30 % |
| Meublé de tourisme classé (1 à 5 étoiles) | 83 600 € | 50 % |
| Location meublée de longue durée | 83 600 € | 50 % |
Le seuil de 15 000 € est vite atteint : un logement loué 1 300 € par mois le dépasse. Au-delà, le réel devient obligatoire l’année suivante. Le classement, demandé à un organisme agréé et valable cinq ans, est donc devenu le premier levier fiscal d’un propriétaire en courte durée.
Le même logement au micro-BIC
18 000 € de recettes annuelles, géré par une conciergerie à 20 % TTC, logement classé 3 étoiles.
- Recettes annuelles (loyers encaissés)
- 18 000 €
- Abattement micro-BIC, meublé non classé
- exclu (plafond 15 000 €)
- Abattement micro-BIC, meublé classé (50 %)
- 9 000 €
- Bénéfice imposable
- 9 000 €
Le régime réel : vos charges et l’amortissement
Au réel, vous tenez une comptabilité (ou la confiez à un expert-comptable, 400 à 900 € par an, déductibles) et vous déduisez tout ce que la location vous coûte réellement :
- la commission de la conciergerie, ses frais de mise en service, le ménage et le linge qu’elle vous facture ;
- les intérêts d’emprunt, l’assurance propriétaire non occupant, les charges de copropriété, la taxe foncière, la CFE ;
- les abonnements (internet, électricité, plateformes, logiciel), les petites réparations, les consommables ;
- et surtout l’amortissement du logement (hors terrain) et du mobilier, une déduction comptable qui ne sort pas de votre poche.
Le même logement au réel
18 000 € de recettes, conciergerie à 20 % TTC, emprunt en cours, logement acheté 250 000 € dont 200 000 € de bâti.
- Recettes annuelles
- 18 000 €
- Commission de conciergerie 20 % TTC
- − 3 600 €
- Intérêts d’emprunt, assurance, charges de copropriété, taxe foncière
- − 4 200 €
- Amortissement du logement (200 000 € hors terrain, 2,5 %) et des meubles
- − 6 000 €
- Bénéfice imposable
- 4 200 €
L’amortissement ne peut pas créer de déficit : s’il dépasse le bénéfice, l’excédent se reporte sur les années suivantes sans limite de durée.
Même logement, mêmes recettes
Sur cet exemple, le réel divise le bénéfice imposable par deux, et par bien plus si le logement n’est pas classé (où le micro-BIC est de toute façon inaccessible au-delà de 15 000 €). La règle pratique : dès qu’une conciergerie prend 20 % de vos revenus, vos charges réelles dépassent l’abattement de 30 %, avant même l’amortissement.
LMNP ou LMP : le seuil des 23 000 €
Vous êtes loueur en meublé non professionnel tant que vos recettes de location meublée, sur l’ensemble du foyer fiscal, restent inférieures à 23 000 € par an, ou inférieures à vos autres revenus d’activité (salaires, pensions, BIC, BNC). Dès que les deux conditions sont dépassées, vous devenez loueur professionnel : les déficits s’imputent sur le revenu global, la plus-value suit le régime des professionnels, et l’activité relève de la sécurité sociale des indépendants.
Attention, propre aux meublés de tourisme : au-delà de 23 000 € de recettes, même en restant non professionnel au sens fiscal, vous êtes affilié à la sécurité sociale des indépendants et payez des cotisations sociales sur le bénéfice, à la place des prélèvements sociaux de 17,2 %. Un logement classé peut opter pour le régime général. Le calcul mérite un rendez-vous avec un comptable avant de franchir le seuil.
Les impôts et taxes à côté de l’impôt sur le revenu
Le calendrier du loueur
- Immatriculer l’activité
Sur le guichet unique de l’INPI, dans les quinze jours de la première location. Gratuit. Vous recevez un numéro SIRET et le service des impôts des entreprises dont vous dépendez.
- Choisir le régime avant la date limite
Le micro-BIC s’applique par défaut sous les seuils. L’option pour le réel se prend avant la date limite de dépôt de la déclaration de revenus de l’année concernée ; elle se reconduit ensuite tacitement.
- Déclarer chaque printemps
Micro-BIC : le montant brut des recettes sur la 2042 C PRO, l’administration applique l’abattement. Réel : une liasse 2031 avec le compte de résultat et le tableau des amortissements, puis le résultat sur la 2042 C PRO.
- Payer la CFE en décembre
Sur l’espace professionnel impots.gouv, avis dématérialisé. Première année exonérée ; ensuite, cotisation minimale fixée par la commune.
- Prélèvements sociaux : 17,2 % du bénéfice imposable, prélevés avec l’impôt sur le revenu, sauf si vous cotisez déjà comme indépendant (au-delà de 23 000 €).
- CFE : due par tout loueur en meublé dès la deuxième année, sauf recettes inférieures à 5 000 € ou logement faisant partie de votre habitation personnelle. Montant fixé par la commune, souvent entre 200 et 700 €.
- Taxe de séjour : collectée auprès du voyageur, elle transite par vous ou par la plateforme et n’est jamais un revenu. Elle ne se déclare pas dans vos recettes.
- TVA : pas de TVA sur la location meublée simple. Elle ne s’applique qu’en para-hôtellerie, quand vous fournissez au moins trois des quatre services hôteliers (petit-déjeuner, ménage régulier, linge, accueil) et dépassez la franchise en base.
- Taxe d’habitation : due sur une résidence secondaire louée en courte durée, avec la majoration votée par les communes en zone tendue.
Vérifier ma commune
Votre commune ajoute-t-elle ses propres règles ?
Plafond de nuitées, changement d'usage, majoration de taxe d'habitation : tapez votre commune pour lire ce qui s'applique chez vous.
Régime national
Tapez votre commune : son classement, ses règles
Indice de facilité
De 10 (aucune contrainte locale) à 1 (résidence secondaire quasi impossible à louer)
Régime national
Ce qui s'applique partout en France
- Zone tendue
- Selon le décret du 22 décembre 2025
- Changement d'usage, résidence secondaire
- De plein droit au-delà de 200 000 habitants et en petite couronne
- Plafond de nuitées, résidence principale
- 120 par an, la commune peut abaisser à 90
- Numéro d'enregistrement
- Obligatoire sur l'annonce depuis le 20 mai 2026
Ces quatre règles valent partout en France. Le classement de votre commune et les décisions qu'elle a prises s'affichent ici dès que vous l'avez choisie.
Ce que ça veut dire pour vous
- Numéro d'enregistrement obligatoire sur l'annonce depuis le 20 mai 2026, à demander à la commune. Il est propre au logement, pas au propriétaire.
- Résidence principale : 120 jours de location par an au maximum. La commune peut abaisser ce plafond à 90 jours par délibération.
Ces règles sont celles des textes nationaux et du décret de zonage. Les décisions propres à la commune — plafond abaissé à 90 nuitées, quotas par quartier, compensation — s'y ajoutent : vérifiez auprès de votre mairie avant de louer.
Ce qu’une conciergerie change à votre fiscalité
Une conciergerie ne change pas votre régime, elle change l’arbitrage. Sa commission de 20 % TTC, non déductible au micro, l’est intégralement au réel. Elle vous fournit chaque mois un relevé qui alimente directement la comptabilité. Et beaucoup proposent le montage du dossier de classement, qui ouvre l’abattement de 50 % si vous restez au micro.
En revanche, la déclaration reste la vôtre : la conciergerie n’est ni votre comptable ni votre mandataire fiscal. Vérifiez dans le contrat qui transmet quoi, et à quelle date.
Questions fréquentes
Réponses courtes, sourcées comme le reste du guide.
Mes revenus Airbnb sont-ils des revenus fonciers ?
Micro-BIC ou réel : lequel choisir avec une conciergerie ?
Que se passe-t-il si je dépasse 15 000 € de recettes avec un meublé non classé ?
Qu'est-ce que l'amortissement, concrètement ?
La conciergerie est-elle déductible ?
Dois-je payer la CFE ?
Faut-il un numéro SIRET ?
Vous préférez déléguer ?
Une conciergerie de votre secteur prend en charge annonce, accueil, ménage et démarches. Décrivez votre logement, une seule vous rappelle.