Guide propriétaires

Fiscalité Airbnb : comment sont imposés vos revenus de location courte durée

Les loyers d'un meublé de tourisme sont des bénéfices industriels et commerciaux, pas des revenus fonciers. Deux régimes possibles, des abattements divisés par deux depuis la loi Le Meur, et une règle simple : dès qu'une conciergerie prend 20 % de vos revenus, le régime réel mérite un calcul. Ce guide pose les seuils 2026 et les cas où chaque régime gagne.

Vérifié le 4 septembre 2026 · Sources : service-public.fr, revenus d'une location meublée, Légifrance, loi n° 2024-1039, impots.gouv.fr, location meublée. Jamais un site concurrent.

Bureau à la maison avec un tableur ouvert, des relevés imprimés et une calculatrice
© Conciergeo · image d'illustration
30 %abattement micro-BIC, meublé non classé (jusqu'à 15 000 €)
50 %abattement micro-BIC, meublé classé (jusqu'à 83 600 €)
17,2 %de prélèvements sociaux sur le bénéfice imposable
23 000 €de recettes : seuil du loueur professionnel et des cotisations

Vos loyers sont des BIC, et deux régimes s’offrent à vous

Louer un logement meublé, en courte durée ou à l’année, est une activité commerciale au sens fiscal. Les recettes sont imposées dans la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux, avec deux façons de calculer le bénéfice :

  • le micro-BIC, où l’administration retire un abattement forfaitaire aux recettes et impose le reste ;
  • le régime réel, où vous retirez vos charges effectives et l’amortissement du bien, et êtes imposé sur ce qui reste.

Dans les deux cas, le bénéfice s’ajoute à vos autres revenus, imposé à votre tranche marginale, plus 17,2 % de prélèvements sociaux.

Le micro-BIC : simple, mais rarement le moins cher

Le micro-BIC ne demande aucune comptabilité. Vous déclarez le montant brut de vos recettes, l’administration applique l’abattement et vous êtes imposé sur le reste, avec un minimum d’abattement de 305 €. Les seuils 2026 :

Type de locationPlafond de recettesAbattement
Meublé de tourisme non classé15 000 €30 %
Meublé de tourisme classé (1 à 5 étoiles)83 600 €50 %
Location meublée de longue durée83 600 €50 %

Le seuil de 15 000 € est vite atteint : un logement loué 1 300 € par mois le dépasse. Au-delà, le réel devient obligatoire l’année suivante. Le classement, demandé à un organisme agréé et valable cinq ans, est donc devenu le premier levier fiscal d’un propriétaire en courte durée.

Le même logement au micro-BIC

18 000 € de recettes annuelles, géré par une conciergerie à 20 % TTC, logement classé 3 étoiles.

Recettes annuelles (loyers encaissés)
18 000 €
Abattement micro-BIC, meublé non classé
exclu (plafond 15 000 €)
Abattement micro-BIC, meublé classé (50 %)
9 000 €
Bénéfice imposable
9 000 €

Le régime réel : vos charges et l’amortissement

Au réel, vous tenez une comptabilité (ou la confiez à un expert-comptable, 400 à 900 € par an, déductibles) et vous déduisez tout ce que la location vous coûte réellement :

  • la commission de la conciergerie, ses frais de mise en service, le ménage et le linge qu’elle vous facture ;
  • les intérêts d’emprunt, l’assurance propriétaire non occupant, les charges de copropriété, la taxe foncière, la CFE ;
  • les abonnements (internet, électricité, plateformes, logiciel), les petites réparations, les consommables ;
  • et surtout l’amortissement du logement (hors terrain) et du mobilier, une déduction comptable qui ne sort pas de votre poche.

Le même logement au réel

18 000 € de recettes, conciergerie à 20 % TTC, emprunt en cours, logement acheté 250 000 € dont 200 000 € de bâti.

Recettes annuelles
18 000 €
Commission de conciergerie 20 % TTC
− 3 600 €
Intérêts d’emprunt, assurance, charges de copropriété, taxe foncière
− 4 200 €
Amortissement du logement (200 000 € hors terrain, 2,5 %) et des meubles
− 6 000 €
Bénéfice imposable
4 200 €

L’amortissement ne peut pas créer de déficit : s’il dépasse le bénéfice, l’excédent se reporte sur les années suivantes sans limite de durée.

Même logement, mêmes recettes

9 000 €bénéfice imposable au micro-BIC (meublé classé)
4 200 €bénéfice imposable au réel, même logement

Sur cet exemple, le réel divise le bénéfice imposable par deux, et par bien plus si le logement n’est pas classé (où le micro-BIC est de toute façon inaccessible au-delà de 15 000 €). La règle pratique : dès qu’une conciergerie prend 20 % de vos revenus, vos charges réelles dépassent l’abattement de 30 %, avant même l’amortissement.

LMNP ou LMP : le seuil des 23 000 €

Vous êtes loueur en meublé non professionnel tant que vos recettes de location meublée, sur l’ensemble du foyer fiscal, restent inférieures à 23 000 € par an, ou inférieures à vos autres revenus d’activité (salaires, pensions, BIC, BNC). Dès que les deux conditions sont dépassées, vous devenez loueur professionnel : les déficits s’imputent sur le revenu global, la plus-value suit le régime des professionnels, et l’activité relève de la sécurité sociale des indépendants.

Attention, propre aux meublés de tourisme : au-delà de 23 000 € de recettes, même en restant non professionnel au sens fiscal, vous êtes affilié à la sécurité sociale des indépendants et payez des cotisations sociales sur le bénéfice, à la place des prélèvements sociaux de 17,2 %. Un logement classé peut opter pour le régime général. Le calcul mérite un rendez-vous avec un comptable avant de franchir le seuil.

Les impôts et taxes à côté de l’impôt sur le revenu

Le calendrier du loueur

  1. Immatriculer l’activité

    Sur le guichet unique de l’INPI, dans les quinze jours de la première location. Gratuit. Vous recevez un numéro SIRET et le service des impôts des entreprises dont vous dépendez.

  2. Choisir le régime avant la date limite

    Le micro-BIC s’applique par défaut sous les seuils. L’option pour le réel se prend avant la date limite de dépôt de la déclaration de revenus de l’année concernée ; elle se reconduit ensuite tacitement.

  3. Déclarer chaque printemps

    Micro-BIC : le montant brut des recettes sur la 2042 C PRO, l’administration applique l’abattement. Réel : une liasse 2031 avec le compte de résultat et le tableau des amortissements, puis le résultat sur la 2042 C PRO.

  4. Payer la CFE en décembre

    Sur l’espace professionnel impots.gouv, avis dématérialisé. Première année exonérée ; ensuite, cotisation minimale fixée par la commune.

  • Prélèvements sociaux : 17,2 % du bénéfice imposable, prélevés avec l’impôt sur le revenu, sauf si vous cotisez déjà comme indépendant (au-delà de 23 000 €).
  • CFE : due par tout loueur en meublé dès la deuxième année, sauf recettes inférieures à 5 000 € ou logement faisant partie de votre habitation personnelle. Montant fixé par la commune, souvent entre 200 et 700 €.
  • Taxe de séjour : collectée auprès du voyageur, elle transite par vous ou par la plateforme et n’est jamais un revenu. Elle ne se déclare pas dans vos recettes.
  • TVA : pas de TVA sur la location meublée simple. Elle ne s’applique qu’en para-hôtellerie, quand vous fournissez au moins trois des quatre services hôteliers (petit-déjeuner, ménage régulier, linge, accueil) et dépassez la franchise en base.
  • Taxe d’habitation : due sur une résidence secondaire louée en courte durée, avec la majoration votée par les communes en zone tendue.

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Ce qu’une conciergerie change à votre fiscalité

Une conciergerie ne change pas votre régime, elle change l’arbitrage. Sa commission de 20 % TTC, non déductible au micro, l’est intégralement au réel. Elle vous fournit chaque mois un relevé qui alimente directement la comptabilité. Et beaucoup proposent le montage du dossier de classement, qui ouvre l’abattement de 50 % si vous restez au micro.

En revanche, la déclaration reste la vôtre : la conciergerie n’est ni votre comptable ni votre mandataire fiscal. Vérifiez dans le contrat qui transmet quoi, et à quelle date.

Questions fréquentes

Réponses courtes, sourcées comme le reste du guide.

Mes revenus Airbnb sont-ils des revenus fonciers ?
Non. La location meublée, même occasionnelle, relève des bénéfices industriels et commerciaux (BIC). Ils se déclarent sur le formulaire 2042 C PRO, pas sur la déclaration des revenus fonciers. Le montant à déclarer est le loyer encaissé, charges comprises, hors taxe de séjour reversée.
Micro-BIC ou réel : lequel choisir avec une conciergerie ?
Avec une commission de conciergerie autour de 20 %, du ménage, une assurance et un emprunt, vos charges réelles dépassent presque toujours l'abattement de 30 % d'un meublé non classé. Le réel permet en plus d'amortir le logement. Faites le calcul sur une année : si vos charges plus l'amortissement dépassent 30 % (ou 50 % si classé) des recettes, le réel gagne.
Que se passe-t-il si je dépasse 15 000 € de recettes avec un meublé non classé ?
Vous sortez du micro-BIC l'année suivante et passez obligatoirement au régime réel, avec une comptabilité et une liasse fiscale. Le classement en meublé de tourisme, valable cinq ans, repousse ce plafond à 83 600 € et porte l'abattement à 50 %.
Qu'est-ce que l'amortissement, concrètement ?
Au régime réel, vous déduisez chaque année une fraction de la valeur du logement (hors terrain) et des meubles, comme s'ils s'usaient : environ 2 à 3 % par an pour le bâti, 10 à 20 % pour le mobilier. Cette déduction comptable ne sort pas de votre poche mais réduit le bénéfice imposable, souvent jusqu'à zéro. L'amortissement ne peut pas créer de déficit ; l'excédent se reporte sans limite.
La conciergerie est-elle déductible ?
Au réel, oui, en totalité : commission, frais de mise en service, ménage refacturé, linge. En micro-BIC, non : l'abattement forfaitaire est censé couvrir toutes les charges, quelle qu'en soit la réalité. C'est la raison principale pour laquelle un propriétaire qui délègue a intérêt au réel.
Dois-je payer la CFE ?
La cotisation foncière des entreprises est due par tout loueur en meublé, sauf exonération de la commune ou recettes inférieures à 5 000 €. Elle est en revanche exclue si le logement loué fait partie de votre habitation personnelle. Elle se paie en décembre, sur avis dématérialisé.
Faut-il un numéro SIRET ?
Oui. Toute activité de location meublée, même non professionnelle, doit être immatriculée sur le guichet unique de l'INPI dans les quinze jours du début de la location. C'est gratuit, et c'est ce numéro qui permet ensuite de déclarer au réel et de payer la CFE.

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