Guide propriétaires

Changement d'usage Airbnb : quand il faut une autorisation, et comment l'obtenir

Louer en courte durée un logement qui n'est pas votre résidence principale, c'est le faire changer d'usage. Dans les grandes villes, en petite couronne et dans les communes qui l'ont décidé, cela demande une autorisation de la mairie, parfois assortie d'une compensation. Ce guide dit où, pour qui, comment, et ce que coûte une location sans autorisation.

Vérifié le 4 septembre 2026 · Sources : Code de la construction et de l'habitation, art. L631-7 à L631-9, Légifrance, loi n° 2024-1039, service-public.fr, déclarer un meublé de tourisme. Jamais un site concurrent.

Façade d'un immeuble haussmannien vue depuis le trottoir
© Conciergeo · image d'illustration
200 000habitants : seuil des communes concernées de plein droit
120 nuitspar an : la résidence principale reste hors du régime
100 000 €d'amende civile au plus, par logement loué sans autorisation
Eclasse de DPE minimale pour obtenir l'autorisation en métropole

De quoi parle-t-on

Un logement est un local à usage d’habitation. Le louer de manière répétée pour de courtes durées à une clientèle de passage qui n’y élit pas domicile, c’est l’affecter à un autre usage : c’est le principe posé par l’article L631-7 du Code de la construction et de l’habitation. Dans les communes où ce régime s’applique, ce changement d’usage demande une autorisation préalable du maire.

La loi prévoit une exception fondamentale : la résidence principale, que vous occupez au moins huit mois par an, peut être louée sans autorisation dans la limite de 120 nuits par an, ou 90 si la commune l’a décidé. Le régime du changement d’usage vise donc les résidences secondaires et les logements d’investissement.

Les trois formes d’autorisation

CCH, art. L631-7-1 et L631-7-1 A

3formes d’autorisation : personnelle, avec compensation, temporaire
5 ansau plus pour une autorisation temporaire
  • L’autorisation personnelle. Accordée au propriétaire pour un logement donné, sans contrepartie. Elle cesse avec la vente ou le changement de propriétaire. C’est la forme la plus courante dans les villes moyennes qui ont instauré le régime.
  • L’autorisation avec compensation. Le propriétaire doit transformer en logement, dans la même commune (souvent le même arrondissement ou quartier), un local qui n’en était pas un, d’une surface au moins équivalente, parfois double dans les secteurs les plus tendus. Cette autorisation est attachée au logement, pas au propriétaire. Paris, Lyon, Bordeaux, Nice et une quarantaine de communes l’exigent pour tout ou partie de leur territoire.
  • L’autorisation temporaire. Limitée à cinq ans au plus, non renouvelable de plein droit, sans compensation, souvent assortie d’un plafond de nuits par an. Elle permet à une commune de laisser une place mesurée à la location de résidences secondaires.

Ce que ça donne à Paris

Résidence secondaire de 40 m² dans un secteur de compensation renforcée.

Résidence secondaire de 40 m² à Paris, louée en courte durée
autorisation avec compensation
Surface à compenser (secteur renforcé : le double)
80 m² de local transformé en logement
Titres de compensation, prix constaté
plusieurs milliers d’euros par m²
Sans autorisation : amende civile maximale
100 000 €

C’est pourquoi, sur notre page réglementation, Paris obtient 3 sur 10 : la résidence principale y reste louable, la résidence secondaire presque pas.

Vérifier ma commune

Et dans votre commune ?

Régime de plein droit, par délibération ou aucun, plafond de nuitées, compensation, quotas : tapez votre commune.

La démarche

  1. Vérifier le régime de votre commune

    De plein droit, par délibération, ou aucun. Le module de cette page vous le dit ; le site de la mairie et le règlement municipal de changement d’usage précisent les conditions.

  2. Vérifier la copropriété

    Le règlement peut interdire la location meublée touristique, et l’assemblée générale peut désormais le décider à la majorité des deux tiers. Une autorisation de la mairie ne vaut rien contre une interdiction de la copropriété.

  3. Réunir le dossier

    Titre de propriété, plans, DPE valide classé A à E, description de l’usage envisagé ; pour une compensation, les titres du local transformé.

  4. Déposer la demande

    Auprès de la mairie, en ligne dans la plupart des grandes villes. Le silence de la commune vaut le plus souvent rejet ; comptez plusieurs semaines à plusieurs mois selon la ville.

  5. Enregistrer, puis louer

    L’autorisation obtenue, la déclaration de meublé de tourisme et le numéro d’enregistrement suivent. L’annonce ne peut être publiée qu’ensuite.

Ce que risque une location sans autorisation

L’article L651-2 du Code de la construction et de l’habitation prévoit une amende civile jusqu’à 100 000 € par logement irrégulièrement transformé, prononcée par le président du tribunal judiciaire à la demande de la commune. Le juge peut ordonner le retour à l’habitation sous astreinte de 1 000 € par jour et par mètre carré. Les communes s’appuient désormais sur le décompte annuel des nuitées transmis par les plateformes, logement par logement, et sur les contrôles sur place de leurs agents assermentés.

Ce que fait une conciergerie

Elle connaît le régime de sa commune et monte le dossier avec vous, mais l’autorisation est demandée en votre nom, pour votre logement. Aucune conciergerie sérieuse ne publie une annonce de résidence secondaire sans autorisation dans une commune qui l’exige : c’est elle qui serait en première ligne face à la plateforme. Sur nos pages villes, l’indice de facilité reflète exactement ce régime : plus il est bas, plus la résidence secondaire est encadrée.

Questions fréquentes

Réponses courtes, sourcées comme le reste du guide.

Ma résidence principale est-elle concernée ?
Non, tant que vous la louez moins de 120 nuits par an, ou 90 si votre commune a abaissé le plafond. Le logement que vous occupez au moins huit mois par an reste un logement : le louer ponctuellement n'en change pas l'usage. Il doit tout de même être déclaré et porter un numéro d'enregistrement.
Comment savoir si ma commune l'exige ?
Les communes de plus de 200 000 habitants et celles des Hauts-de-Seine, de la Seine-Saint-Denis et du Val-de-Marne l'exigent de plein droit. Les autres peuvent l'instaurer par délibération, ce que la loi Le Meur a ouvert à toutes. Tapez votre commune dans le module de cette page : il indique le régime, et les décisions vérifiées de la mairie quand nous les avons relevées.
Qu'est-ce que la compensation ?
L'obligation de transformer en logement, en même temps, un local qui n'en était pas un (bureau, commerce), d'une surface au moins équivalente, parfois double dans les secteurs les plus tendus. Le propriétaire achète ou loue des « titres de compensation ». À Paris, c'est ce qui rend la location d'une résidence secondaire quasi impossible pour un particulier.
L'autorisation temporaire, c'est quoi ?
Une autorisation limitée dans le temps, au plus cinq ans, non renouvelable automatiquement, sans compensation. Plusieurs villes l'utilisent pour permettre à un propriétaire de louer une résidence secondaire un nombre de nuits plafonné par an. Elle est attachée au propriétaire, pas au logement.
Que risque-t-on sans autorisation ?
Une amende civile pouvant atteindre 100 000 € par logement, prononcée par le tribunal judiciaire à la demande de la commune, et l'obligation de remettre le logement en habitation sous astreinte, jusqu'à 1 000 € par jour et par mètre carré. Les communes reçoivent le décompte des nuitées des plateformes, logement par logement.
Le DPE entre-t-il en jeu ?
Oui, depuis la loi Le Meur : en métropole, l'autorisation n'est accordée qu'à un logement classé A à E au diagnostic de performance énergétique. À partir de 2034, D au minimum pour tous les meublés de tourisme.

Vous préférez déléguer ?

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