Guide propriétaires
Changement d'usage Airbnb : quand il faut une autorisation, et comment l'obtenir
Louer en courte durée un logement qui n'est pas votre résidence principale, c'est le faire changer d'usage. Dans les grandes villes, en petite couronne et dans les communes qui l'ont décidé, cela demande une autorisation de la mairie, parfois assortie d'une compensation. Ce guide dit où, pour qui, comment, et ce que coûte une location sans autorisation.
De quoi parle-t-on
Un logement est un local à usage d’habitation. Le louer de manière répétée pour de courtes durées à une clientèle de passage qui n’y élit pas domicile, c’est l’affecter à un autre usage : c’est le principe posé par l’article L631-7 du Code de la construction et de l’habitation. Dans les communes où ce régime s’applique, ce changement d’usage demande une autorisation préalable du maire.
La loi prévoit une exception fondamentale : la résidence principale, que vous occupez au moins huit mois par an, peut être louée sans autorisation dans la limite de 120 nuits par an, ou 90 si la commune l’a décidé. Le régime du changement d’usage vise donc les résidences secondaires et les logements d’investissement.
Les trois formes d’autorisation
CCH, art. L631-7-1 et L631-7-1 A
- L’autorisation personnelle. Accordée au propriétaire pour un logement donné, sans contrepartie. Elle cesse avec la vente ou le changement de propriétaire. C’est la forme la plus courante dans les villes moyennes qui ont instauré le régime.
- L’autorisation avec compensation. Le propriétaire doit transformer en logement, dans la même commune (souvent le même arrondissement ou quartier), un local qui n’en était pas un, d’une surface au moins équivalente, parfois double dans les secteurs les plus tendus. Cette autorisation est attachée au logement, pas au propriétaire. Paris, Lyon, Bordeaux, Nice et une quarantaine de communes l’exigent pour tout ou partie de leur territoire.
- L’autorisation temporaire. Limitée à cinq ans au plus, non renouvelable de plein droit, sans compensation, souvent assortie d’un plafond de nuits par an. Elle permet à une commune de laisser une place mesurée à la location de résidences secondaires.
Ce que ça donne à Paris
Résidence secondaire de 40 m² dans un secteur de compensation renforcée.
- Résidence secondaire de 40 m² à Paris, louée en courte durée
- autorisation avec compensation
- Surface à compenser (secteur renforcé : le double)
- 80 m² de local transformé en logement
- Titres de compensation, prix constaté
- plusieurs milliers d’euros par m²
- Sans autorisation : amende civile maximale
- 100 000 €
C’est pourquoi, sur notre page réglementation, Paris obtient 3 sur 10 : la résidence principale y reste louable, la résidence secondaire presque pas.
Vérifier ma commune
Et dans votre commune ?
Régime de plein droit, par délibération ou aucun, plafond de nuitées, compensation, quotas : tapez votre commune.
Régime national
Tapez votre commune : son classement, ses règles
Indice de facilité
De 10 (aucune contrainte locale) à 1 (résidence secondaire quasi impossible à louer)
Régime national
Ce qui s'applique partout en France
- Zone tendue
- Selon le décret du 22 décembre 2025
- Changement d'usage, résidence secondaire
- De plein droit au-delà de 200 000 habitants et en petite couronne
- Plafond de nuitées, résidence principale
- 120 par an, la commune peut abaisser à 90
- Numéro d'enregistrement
- Obligatoire sur l'annonce depuis le 20 mai 2026
Ces quatre règles valent partout en France. Le classement de votre commune et les décisions qu'elle a prises s'affichent ici dès que vous l'avez choisie.
Ce que ça veut dire pour vous
- Numéro d'enregistrement obligatoire sur l'annonce depuis le 20 mai 2026, à demander à la commune. Il est propre au logement, pas au propriétaire.
- Résidence principale : 120 jours de location par an au maximum. La commune peut abaisser ce plafond à 90 jours par délibération.
Ces règles sont celles des textes nationaux et du décret de zonage. Les décisions propres à la commune — plafond abaissé à 90 nuitées, quotas par quartier, compensation — s'y ajoutent : vérifiez auprès de votre mairie avant de louer.
La démarche
- Vérifier le régime de votre commune
De plein droit, par délibération, ou aucun. Le module de cette page vous le dit ; le site de la mairie et le règlement municipal de changement d’usage précisent les conditions.
- Vérifier la copropriété
Le règlement peut interdire la location meublée touristique, et l’assemblée générale peut désormais le décider à la majorité des deux tiers. Une autorisation de la mairie ne vaut rien contre une interdiction de la copropriété.
- Réunir le dossier
Titre de propriété, plans, DPE valide classé A à E, description de l’usage envisagé ; pour une compensation, les titres du local transformé.
- Déposer la demande
Auprès de la mairie, en ligne dans la plupart des grandes villes. Le silence de la commune vaut le plus souvent rejet ; comptez plusieurs semaines à plusieurs mois selon la ville.
- Enregistrer, puis louer
L’autorisation obtenue, la déclaration de meublé de tourisme et le numéro d’enregistrement suivent. L’annonce ne peut être publiée qu’ensuite.
Ce que risque une location sans autorisation
L’article L651-2 du Code de la construction et de l’habitation prévoit une amende civile jusqu’à 100 000 € par logement irrégulièrement transformé, prononcée par le président du tribunal judiciaire à la demande de la commune. Le juge peut ordonner le retour à l’habitation sous astreinte de 1 000 € par jour et par mètre carré. Les communes s’appuient désormais sur le décompte annuel des nuitées transmis par les plateformes, logement par logement, et sur les contrôles sur place de leurs agents assermentés.
Ce que fait une conciergerie
Elle connaît le régime de sa commune et monte le dossier avec vous, mais l’autorisation est demandée en votre nom, pour votre logement. Aucune conciergerie sérieuse ne publie une annonce de résidence secondaire sans autorisation dans une commune qui l’exige : c’est elle qui serait en première ligne face à la plateforme. Sur nos pages villes, l’indice de facilité reflète exactement ce régime : plus il est bas, plus la résidence secondaire est encadrée.
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Questions fréquentes
Réponses courtes, sourcées comme le reste du guide.
Ma résidence principale est-elle concernée ?
Comment savoir si ma commune l'exige ?
Qu'est-ce que la compensation ?
L'autorisation temporaire, c'est quoi ?
Que risque-t-on sans autorisation ?
Le DPE entre-t-il en jeu ?
Vous préférez déléguer ?
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